Investir par temps de fléau

Il y a quelques jours, en plein cœur du maelström boursier de mars 2020, j’étais assis devant mon téléviseur à regarder les chaînes financières. Des choses vraiment incroyables se produisaient : les actions plongeaient et montaient en flèche de manière totalement imprévisible; les obligations du gouvernement américain, l’actif le plus sûr sur terre, se négociaient dans des fourchettes incroyablement larges; et certains jours, les actions, les obligations et l’or ont tous vu leur prix chuter, ce qui n’est pas censé se produire. Et il y avait parfois des nouvelles qui montraient des personnes infectées transportées d’urgence dans des hôpitaux où des infirmières et des médecins, épuisés et en manque d’équipements, se battaient pour sauver leur vie.

J’ai une certaine expérience  ̶  c’est ma 36e année sur les marchés des capitaux  ̶  mais je me souviens avoir pensé à quel point cette situation était apocalyptique.  Une menace universelle soudaine nous isolait et changeait notre monde, nous privait des plaisirs de la vie, fermait nos théâtres, nos musées, nos restaurants et nos lieux de rassemblement, arrêtait les voyages et fermait les frontières. Et, ce qui est peut-être le plus cruel, nous privait de simples contacts humains.

Alors que je regardais ce qui se passait, une pensée me traversa l’esprit : Ai-je assez de liquidités?

Gardons cette question en suspend pour un moment, le temps que nous évaluions la façon dont j’ai investi l’argent de ma famille. Je vais vous faire l’exposé des finances de la famille Rooney. Mon portefeuille consolidé est réparti de la façon suivante :

  • Liquidité et encaisse 8,6 %
  • Revenu fixe 1,6 %
  • Actions canadiennes 16,4 %
  • Actions américaines 36,7 %
  • Actions européennes 23,6 %
  • Actions asiatiques 6,7 %
  • Actions marches émergents 6,4 %

La plupart d’entre vous reconnaîtrons qu’il s’agit de la composition approximative des actifs du Burgundy Partners’ Global Fund. Ma répartition totale est un peu différente car j’ai des investissements dans tous les fonds que je gère ou que j’ai eu l’honneur de gérer (Partners’ Global, Global Equity SRI, Global Focused Opportunities et EAFE). Mais Partners’ Global est de loin mon fonds individuel le plus important et les différences de performance sont minimes. Tous mes investissements sont dans des fonds Burgundy, gérés par nos équipes de placement régionales, lesquelles ont toute ma confiance.

Vous pensez peut-être que ma répartition est un peu agressive pour une personne de 64 ans, mais j’ai toujours préféré investir en actions tout en gardant en réserve deux ou trois ans pour nos dépenses et nos dons de charité. Au cours de mes 25 ans de carrière chez Burgundy, mes placements en actions ont également permis de constituer des fonds pour l’éducation de mes enfants et de financer une petite fondation familiale (non incluse ci-dessus; elle est investie dans le Burgundy’s Balanced Foundation Fund II).

Ma femme est un investisseur plus conservateur. Ses investissements se trouvent dans le  Burgundy Partners’ Balanced RSP Fund et elle a une réserve de liquidités dans le Burgundy Money Market Fund. Elle s’en est bien sortie aussi.

Donc, la question que je me suis posée sur le fait d’avoir suffisamment de liquidités n’était en fait qu’une réaction naturelle à la nature profondément inquiétante de cette crise. J’ai suffisamment de liquidités et je n’ai pas besoin de m’inquiéter des fluctuations de la bourse. Les rendements des actions peuvent parfois sembler mauvais, et ce sera le cas ce trimestre. À long terme, cependant, l’histoire a montré qu’il vaut mieux rester investi.

En ce qui concerne les besoins en liquidité, il est assez difficile de mener un style de vie extravagant en ce moment. L’épicerie, le logement, les services municipaux, l’internet, la téléphonie et les impôts représentent à peu près la totalité du budget. Nous vivons donc tous bien en-dessous de nos moyens. Quand je dis «nous», je veux dire nous en tant qu’investisseurs privés chez Burgundy. Nous devons bien être parmi les plus chanceux sur la planète, à condition que ce virus nous épargne.

Nos liquidités excédentaires ont une autre utilité essentielle : tenter d’apaiser l’énorme douleur qu’afflige cette crise à des millions de personnes innocentes. Les employés de Burgundy ont toujours été fiers que vous, nos clients, soyez en tête de liste des donateurs pour presque toutes les œuvres de charité au pays. Nous savons que vous serez à nouveau au rendez-vous en 2020. Donnons tous généreusement pour aider nos voisins. C’est, et ce sera toujours, un excellent investissement.

Avec gratitude,

Richard Rooney, FCPA, FCA, CFA
Président et chef des placements


Le présent billet n’est publié qu’à des fins d’illustration et de discussion. Il ne constitue pas des conseils de placement ni ne tient compte des objectifs, des contraintes et des besoins financiers qui vous sont propres. Ce billet ne vise aucunement à vous inciter à prendre des décisions de placement fondées sur son contenu. Une performance passée n’est pas indicative de résultats futurs. Les investisseurs doivent noter que leurs placements ne sont pas garantis, que leurs valeurs fluctuent fréquemment et que les rendements passés peuvent ne pas se reproduire. Les renseignements contenus dans ce billet représentent l’opinion de Gestion d’actifs Burgundy Ltée ou de ses employés à la date de publication et peuvent changer sans préavis. Investir sur les marchés étrangers peut comporter certains risques liés aux taux d’intérêt, aux taux de change et aux conditions économiques et politiques. De temps à autre, les marchés peuvent connaître une forte volatilité ou des irrégularités, ce qui se traduit par des rendements différents des événements historiques.