L’intelligence artificielle (IA) accapare l’attention des investisseurs et une part croissante de leurs capitaux. Cet argent doit bien venir de quelque part. Andrew Iu, chef des placements de Burgundy, explique pourquoi les sociétés de qualité se négocient aujourd’hui à des valorisations inhabituellement basses par rapport au reste du marché, et comment certaines entreprises de nos portefeuilles profitent déjà de l’IA sans que le marché les considère comme des titres de l’IA.
POINTS SAILLANTS
- L’argent qui afflue vers l’IA doit bien sortir de quelque part
- Les sociétés de qualité se négocient à des valorisations exceptionnellement basses par rapport au reste du marché
- Nul besoin d’être une société d’IA pour profiter de l’IA
- Nous investissons dans l’IA avec sélectivité, en privilégiant des entreprises qui peuvent réussir dans plus d’un scénario
Cette année, presque chaque rencontre avec un client a commencé par une question sur l’intelligence artificielle. On comprend pourquoi. L’IA occupe les manchettes, les conférences sur les résultats trimestriels et jusqu’aux soupers entre amis. Elle domine désormais le discours et, de plus en plus, le marché lui-même. La transformation est réelle, sa portée considérable, et notre équipe de placement la constate directement. Quand nous rencontrons des dirigeants, l’IA revient dans la plupart des discussions, même dans des secteurs qui n’ont, à première vue, rien de technologique.
L’importance de l’IA n’est plus à démontrer. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les occasions qui se trouvent à l’écart de l’histoire que tout le monde raconte.
L’ARGENT DOIT BIEN VENIR DE QUELQUE PART
L’univers de l’IA s’étend bien au-delà des noms qu’on lui associe d’emblée. On y trouve les géants de l’infonuagique et les concepteurs et fabricants de puces, mais aussi les fournisseurs d’équipement, d’électricité et de matériel réseau dont les centres de données ne peuvent se passer. Nous consacrons beaucoup de temps à étudier ces sociétés. Certaines, comme Amazon, Alphabet (la société mère de Google) et Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), figuraient dans nos portefeuilles bien avant que l’IA fasse la une.
Selon nos estimations, les sociétés liées à l’IA représentent maintenant environ 35 % du marché boursier mondial. C’est dire à quel point le thème s’est imposé. Reste une question bien concrète : quand un investisseur veut s’exposer davantage à l’IA, où trouve-t-il l’argent? Le plus souvent, en vendant autre chose. Et dans un marché captivé par l’IA, ce sont les titres stables et rentables, sans lien avec le thème, dont on se sépare le plus facilement.
LA QUALITÉ EST BON MARCHÉ
D’ordinaire, la qualité se paie. Une entreprise dotée d’une position concurrentielle durable, d’un faible endettement et de bénéfices prévisibles mérite une valorisation plus élevée, surtout quand la conjoncture se détériore. Cette prime est rationnelle.
Elle est pourtant en train de fondre. Selon le ratio cours/bénéfice (C/B), les sociétés de qualité américaines se négocient à leur plus bas niveau par rapport à l’ensemble du marché depuis 1989. En plus de 35 ans de données, la qualité n’a jamais été aussi bon marché relativement au reste de la cote. Le constat est le même pour les actions internationales.
Figure 1. Univers des sociétés de qualité aux États-Unis : ratio C/B relatif
Médiane : 1,16 x
CE QUE CELA SIGNIFIE POUR NOS PORTEFEUILLES
Avec des sociétés de qualité à ces prix, notre équipe a de quoi s’occuper. Nous investissons à long terme. En général, nous conservons un titre environ cinq ans, et certains sont en portefeuille depuis plus de vingt ans. Nous négocions peu. Mais les occasions se multiplient, et nous achetons et vendons plus qu’à l’habitude. Le taux de rotation augmente dans l’ensemble de nos fonds régionaux.
L’Europe illustre bien la situation. La durée moyenne de détention de notre portefeuille d’actions européennes approche huit ans. Pourtant, la rotation y a atteint au cours des 12 derniers mois son plus haut niveau depuis la crise financière mondiale de 2008. Quand un gestionnaire patient se met à négocier, c’est souvent signe que le marché lui offre quelque chose.
Malgré l’attention que suscitent les titres de l’IA, nos sociétés se portent bien. Au cours des 12 derniers mois, les bénéfices des sociétés détenues dans Partners’ Global, notre portefeuille modèle d’actions pour la clientèle privée, ont progressé de 16 % en moyenne, bien au-delà de notre moyenne à long terme de 9 %¹. Certaines montrent aussi qu’on peut profiter de l’IA sans être une société d’IA. Plusieurs ont annoncé publiquement que leur utilisation de l’IA devrait contribuer à la croissance de leurs bénéfices en 2027. Ces retombées nous semblent sous-estimées, parce que les investisseurs ne classent pas les utilisateurs de l’IA parmi les titres de l’IA. Pas encore, du moins.
Quelques exemples. Nous détenons un courtier d’assurance d’envergure mondiale qui atteint ses cibles d’efficacité avec une remarquable constance. Sa direction s’est récemment engagée auprès des investisseurs à améliorer nettement ses marges au cours des prochaines années en automatisant des processus manuels grâce à l’IA. En Europe, une agence d’évaluation du crédit en forte croissance utilise des outils de programmation assistée par l’IA pour garder son effectif stable, alors même que ses activités se développent et que ses équipes comptent beaucoup de développeurs. Aux États-Unis, un acquéreur en série d’entreprises de technologie financière réduit les coûts de traitement manuel des sociétés qu’il acquiert. L’IA y donne déjà des résultats prometteurs : la société dit avoir réduit de moitié le temps d’intégration de ses plus récentes acquisitions.
NOS PLACEMENTS DANS L’IA
Nous sommes donc présents dans l’écosystème de l’IA, mais de façon sélective. Au moment d’écrire ces lignes, les sociétés liées à l’IA, dont Amazon, Alphabet et TSMC, représentent environ 10 % de la stratégie Partners’ Global, contre quelque 35 % de l’indice MSCI Monde. Plutôt que de parier sur le triomphe d’une technologie en particulier, nous privilégions des entreprises qui devraient bien s’en tirer, quels que soient les puces ou les laboratoires de recherche qui survivront. Chacune, à notre avis, figure parmi les meilleures dans son domaine.
Cette exposition nous permet de participer à une transformation que nous jugeons réelle, sans rien céder sur la qualité, la valorisation ou la gestion des risques. C’est l’équilibre que nous visons.
CE QUE CELA SIGNIFIE POUR VOTRE PORTEFEUILLE
Depuis plus de 30 ans, nous cherchons à faire croître le capital de nos clients tout en le protégeant. Notre approche poursuit ces deux objectifs ensemble et refuse de sacrifier l’un à l’autre.
Dans des périodes comme celle-ci, la tentation est forte de délaisser la protection du capital pour courir après ce qui a déjà monté. Nous avons traversé assez de cycles pour y résister. Ces derniers mois, la majorité de nos nouveaux placements sont allés à des titres hors IA, dont les valorisations sont devenues plus intéressantes et dont le potentiel de rendement s’est, selon nous, amélioré. En parallèle, d’autres sociétés de nos portefeuilles commencent à profiter de l’IA d’une façon que le marché n’a peut-être pas encore pleinement prise en compte.
Saisir une occasion, c’est parfois regarder là où les autres ne regardent pas. Si certains investisseurs sont prêts à céder des sociétés de qualité pour suivre la foule vers l’IA, nous nous en porterons volontiers acquéreurs.
¹ Bénéfice des 12 derniers mois par part du fonds au 31 août 2026. Calculé en divisant la valeur liquidative par part par le ratio C/B des 12 derniers mois du fonds (moyenne harmonique pondérée des ratios C/B des titres du fonds, lorsque disponibles). Source : FactSet.
Cette publication n’est présentée qu’à des fins d’illustration et de discussion. Elle ne vise pas à fournir des conseils en matière de placement et ne tient pas compte des objectifs, des contraintes et des besoins financiers uniques des investisseurs. Cette publication ne vise aucunement à vous inciter à anticiper le marché à prendre des décisions de placement fondées sur son contenu. Certains titres peuvent être utilisés comme exemples pour illustrer la philosophie de placement de Burgundy. Les fonds ou les portefeuilles Burgundy peuvent détenir ou non ces titres pendant toute la période indiquée dans les exemples. Les investisseurs doivent noter que leurs placements ne sont pas garantis, que leurs valeurs fluctuent fréquemment et que les rendements passés peuvent ne pas se reproduire. Cette publication ne constitue pas une offre d’investissement dans une quelconque stratégie d’investissement proposée par Burgundy. Les renseignements contenus dans la présente publication représentent l’opinion de Gestion d’actifs Burgundy Ltée ou de ses employés à la date de publication et peuvent être modifiés sans préavis. Veuillez vous référer à la section Mention juridique de ce site Web pour plus d’informations.